Les prix de la RAM devraient encore grimper fortement au troisième trimestre 2026, avec une hausse annoncée de 40 à 50 % sur un trimestre selon une note Jefferies relayée par TechSpot. Pour une PME, l’impact ne se limite pas aux PC : serveurs, hébergement, IA, applications web et renouvellement de parc peuvent coûter plus cher ou prendre plus de temps.
Prix de la RAM : pourquoi la hausse de 2026 change vos arbitrages
La RAM, ou mémoire vive, sert à faire tourner les logiciels pendant qu’un ordinateur ou un serveur travaille. Plus une application traite de données, plus elle en consomme. Quand le prix de la RAM augmente, l’effet se retrouve dans les devis matériels, les serveurs cloud, les postes de travail et parfois les abonnements SaaS.
Le signal le plus commenté vient d’Ethan Tan, ancien dirigeant de Samsung China, cité dans une note Jefferies Equity Research publiée le 29 juin 2026 et relayée par TechSpot. Il anticipe une hausse des prix mémoire de 40 à 50 % au troisième trimestre 2026, puis encore 30 à 40 % au quatrième trimestre. C’est une prévision, pas une facture garantie, mais elle s’inscrit dans une tendance déjà visible.
TrendForce avait déjà relevé ses prévisions pour le premier trimestre 2026 : +90 à 95 % sur les prix contractuels de DRAM conventionnelle, contre +55 à 60 % estimés auparavant. La DRAM PC était attendue à plus de 100 % de hausse sur le trimestre, et la DRAM serveur autour de +90 %. Autrement dit, ce n’est pas une petite tension passagère.
Ce qui pousse les prix vers le haut
La cause la plus simple à comprendre : la demande progresse plus vite que l’offre. Les fabricants de mémoire, notamment Samsung, SK Hynix et Micron, orientent une partie de leurs capacités vers des usages très rémunérateurs comme la HBM, une mémoire à très haut débit utilisée pour l’intelligence artificielle et les GPU. Cela laisse moins de capacité disponible pour la DRAM plus classique des PC et serveurs.
TrendForce a attribué les hausses du deuxième trimestre 2026 à cette réallocation vers les applications serveur et HBM, ainsi qu’à une offre globale serrée. Le même cabinet indiquait fin juin 2026 que les prix contractuels de DRAM continuaient de monter sous l’effet d’une offre tendue, de stocks bas, d’attentes de croissance de production négative et d’une forte demande de réapprovisionnement.
Un autre élément pèse lourd : les grands clients sécurisent leurs volumes longtemps à l’avance. Micron a indiqué fin juin 2026 avoir signé 16 accords stratégiques clients, dont 14 représentant environ 100 milliards de dollars de revenus minimum contractés, avec 22 milliards de dollars de dépôts ou engagements financiers projetés. Ces accords courent généralement de 2026 à 2030, avec des contrats automobiles sur trois ans.
Pour une PME, le piège est discret. Le prix d’un serveur ou d’un ordinateur ne monte pas forcément dès le lendemain. Mais quand les fournisseurs renouvellent leurs stocks ou renégocient leurs achats, la hausse réapparaît dans les configurations disponibles, les délais et les options de mémoire.
Quels postes budgétaires sont vraiment exposés ?
Le premier poste visible reste le renouvellement informatique : PC portables, stations de travail, mini-PC, serveurs NAS, machines de développement. Une configuration à 32 Go ou 64 Go de RAM peut devenir sensiblement plus chère, surtout si l’entreprise achète en volume.
Le deuxième poste est moins évident : l’infrastructure. Un site e-commerce, une application métier ou un SaaS consomme de la mémoire côté serveur. Chez OVHcloud, Scaleway, AWS, Microsoft Azure ou Google Cloud, les prix publics ne suivent pas toujours instantanément le marché des composants, mais les nouvelles générations d’instances et les remises contractuelles peuvent devenir moins favorables.
Le troisième poste concerne l’IA. Les projets de recherche augmentée, d’agents ou d’analyse documentaire consomment souvent beaucoup de mémoire, surtout quand on héberge des modèles ou des bases vectorielles. Avant de choisir une architecture, mieux vaut comparer les approches : un projet de type RAG, fine-tuning ou prompt engineering n’a pas du tout le même profil de coût mémoire.
Certaines décisions techniques deviennent aussi plus intéressantes. Faire tourner une partie des calculs localement dans le navigateur peut réduire la charge serveur, même si cela ne convient pas à tous les usages. Le sujet est proche des approches décrites autour de WebGPU et de l’IA exécutée dans le navigateur, où l’arbitrage porte autant sur l’expérience utilisateur que sur le coût d’infrastructure.
| Source ou indicateur | Période 2026 | Évolution annoncée | Lecture pour un décideur |
|---|---|---|---|
| TrendForce, DRAM conventionnelle | T1 2026 | +90 à 95 % sur un trimestre | La hausse était déjà installée avant l’été. |
| TrendForce, DRAM PC | T1 2026 | Plus de +100 % sur un trimestre | Les renouvellements de parc peuvent être touchés rapidement. |
| TrendForce, DRAM serveur | T1 2026 | Autour de +90 % sur un trimestre | Les coûts cloud et serveurs dédiés sont à surveiller. |
| TrendForce, DRAM conventionnelle | T2 2026 | +58 à 63 % sur un trimestre | La tension persiste malgré une hausse déjà forte. |
| Jefferies / Ethan Tan, via TechSpot | T3 2026 | +40 à 50 % sur un trimestre | Les achats prévus fin 2026 méritent d’être avancés ou renégociés. |
| Jefferies / Ethan Tan, via TechSpot | T4 2026 | +30 à 40 % sur un trimestre | Reporter sans raison peut coûter plus cher. |
Faut-il acheter maintenant ou attendre ?
La réponse dépend de l’usage. Si vous devez équiper une équipe, remplacer des machines obsolètes ou lancer un serveur de production avant fin 2026, attendre une baisse rapide paraît risqué. Les données disponibles pointent plutôt vers une tension durable, avec une capacité significative qui ne reviendrait pas avant fin 2027 ou 2028 selon TrendForce.
À l’inverse, acheter trop large peut aussi être une erreur. Des PC à 64 Go pour des usages bureautiques, CRM et visio ne se justifient pas toujours. À ce budget, mieux vaut souvent financer de bons SSD, une garantie solide et une politique de sauvegarde plutôt que de doubler la RAM “au cas où”.
Sur les projets que nous menons, nous voyons souvent un autre angle mort : le dimensionnement initial d’une application. Une base de données mal indexée, c’est-à-dire mal organisée pour répondre vite, peut consommer beaucoup plus de mémoire qu’une application bien conçue. Dans ce cas, payer plus de RAM masque le problème au lieu de le régler.
Un projet SaaS illustre bien l’arbitrage. Avec une pile moderne comme Next.js, Supabase et Stripe, le coût mémoire dépend fortement du nombre d’utilisateurs simultanés, des requêtes en base et des tâches automatisées. Les choix décrits dans une stack Next.js et Supabase pour créer un SaaS peuvent rester sobres si l’architecture est cadrée tôt.
Les risques cachés pour vos délais et vos contrats
La hausse des prix de la RAM n’agit pas seulement sur le budget. Elle peut décaler les livraisons. Quand les stocks baissent, certaines configurations disparaissent des catalogues, les délais d’approvisionnement s’allongent et les fournisseurs proposent des modèles alternatifs parfois moins adaptés.
Les contrats d’hébergement doivent aussi être relus. Un engagement annuel ou pluriannuel peut protéger contre une hausse immédiate, mais il peut aussi vous enfermer dans une configuration trop grosse. Honnêtement, payer trois ans une instance surdimensionnée pour se rassurer est rarement une bonne affaire.
La sécurité n’est pas à sacrifier pour compenser la hausse matérielle. Réduire la redondance, supprimer des sauvegardes ou repousser un EDR (détection avancée sur les postes) crée un risque bien supérieur à l’économie réalisée. Le coût d’un incident peut vite dépasser l’écart de prix mémoire, comme le montre l’analyse du budget réel d’une cyberattaque par ransomware pour une PME.
Il existe aussi un sujet juridique en toile de fond. PC Gamer a rapporté le 29 juin 2026 une plainte collective proposée en Californie du Nord visant Samsung, SK Hynix et Micron, accusés d’avoir limité l’offre et influencé les prix de la DRAM depuis 2022. Ce sont des allégations, pas un jugement. Pour un acheteur, cela ne change pas le devis du mois prochain, mais cela rappelle la concentration du marché.
Comment limiter l’impact sans ralentir votre projet digital
Le bon réflexe consiste à séparer les besoins certains des besoins hypothétiques. Un poste de graphiste, un serveur de base de données, une machine de développement mobile ou un serveur d’IA n’ont pas la même tolérance au manque de mémoire. Une grille simple suffit souvent.
- Avancez les achats déjà décidés pour 2026 si le besoin est validé et budgété.
- Évitez les configurations excessives pour les usages bureautiques ou commerciaux.
- Demandez deux devis d’hébergement : un scénario sobre et un scénario de montée en charge.
- Optimisez le code, les requêtes SQL et le cache avant d’augmenter la mémoire serveur.
- Vérifiez les engagements contractuels : durée, révision tarifaire, sortie anticipée, options de montée ou descente de gamme.
Côté agence, le réflexe est de chiffrer le coût de possession plutôt que le seul coût de lancement. Une application moins chère à développer mais gourmande en mémoire peut devenir plus coûteuse après douze mois. L’inverse existe aussi : une optimisation très poussée peut coûter plus cher que deux ans d’hébergement supplémentaire.
Les évolutions du marché des puces dépassent largement la RAM. Les tensions autour d’Intel, d’Apple et des chaînes de production montrent que les décisions matérielles influencent désormais des choix logiciels très concrets. Pour suivre ce lien entre composants et stratégie numérique, l’analyse sur le pari Apple autour d’Intel et des puces donne un bon complément de lecture.
Cadrer ce type de projet en amont évite la plupart des mauvaises surprises : configuration, hébergement, sécurité, calendrier d’achat, marge de croissance. C’est souvent là qu’un regard extérieur fait gagner du temps, surtout quand les prix de composants deviennent imprévisibles.
FAQ sur les prix de la RAM
Pourquoi les prix de la RAM augmentent-ils autant en 2026 ?
La demande en mémoire pour les serveurs, l’IA et la HBM dépasse l’offre disponible. TrendForce cite aussi des stocks faibles, une production contrainte et une forte demande de réapprovisionnement.
La hausse des prix de la RAM va-t-elle toucher les serveurs cloud ?
Probablement, mais pas toujours immédiatement. Les grands hébergeurs absorbent une partie des variations à court terme, puis les répercutent via les nouvelles instances, les remises ou les conditions contractuelles.
Faut-il acheter plus de RAM avant fin 2026 ?
Oui si le besoin est certain et prévu au budget. Non si c’est une marge de confort mal définie : dans ce cas, l’optimisation logicielle ou un meilleur choix d’architecture peut coûter moins cher.
Les prix de la RAM peuvent-ils baisser en 2027 ?
Les informations disponibles ne vont pas dans ce sens à court terme. Ethan Tan, cité via Jefferies et TechSpot, évoque même des pénuries persistantes en 2027, mais cette partie reste une prévision à source unique.